Dumitra VASILE


À l’heure paisible de la retraite, je retrouve le chemin des lectures qui ont accompagné mes jeunes années. Parmi elles, Le Petit Prince (auteur : Antoine de Saint-Exupéry) s’est imposé à moi, comme un vieil ami que l’on retrouve après un long voyage. C’est un livre que j’ai toujours porté dans un coin de mon cœur, sans même m’en rendre compte. Il y a, dans ses mots, une tendresse qui ne vieillit pas.

En le relisant, j’ai eu l’impression d’ouvrir une fenêtre sur mon enfance – celle où tout semblait plus simple, plus vrai. Ce « conte », que je croyais connaître par cœur, m’a encore surprise. À chaque page, une émotion nouvelle, un souvenir, une petite vérité qui attendait d’être reconnue. La rose, fragile et unique, m’a rappelé combien il faut de soin et de patience pour aimer vraiment. Elle m’a fait penser aux gens que j’aime, à ces liens qu’il faut protéger, même quand le temps ou la vie nous éloignent.

La version roumaine est publiée par la maison d’édition Joy, en 2015, traduit par Tatiana Croitoru. J’ai offert ce livre à ma petite-fille, un jour de pluie. Elle s’est installée près de moi, et nous l’avons lu ensemble. Son regard brillait et je me suis revue, petite, à rêver devant les étoiles et à parler aux renards imaginaires. Elle riait, s’émouvait, posait mille questions – et dans ses mots, j’ai retrouvé la magie que j’avais un peu perdue.

C’est là que j’ai compris que Le Petit Prince n’appartient à aucune génération. C’est un livre qui voyage de main en main, de cœur en cœur. Il nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour rêver, ni pour apprendre à voir autrement.

Quand je regarde ma petite-fille refermer le livre avec ce petit sourire rêveur, je me dis que la vie est belle dans sa simplicité. Qu’au fond, ce que nous laissons derrière nous, ce ne sont pas des choses, mais des émotions. Et que parfois, il suffit d’un livre, d’un regard d’enfant, pour retrouver ce que nous pensions avoir perdu : l’essentiel, ce qui ne se voit qu’avec le cœur.

Je remercie ma petite-fille pour sa patience et pour m’avoir aidée à écrire cette note de lecture à l’ordinateur.